"Pas plus grand, mais plus humain : les événements qui veulent être pertinents doivent miser sur la connexion".

Le secteur de l'événementiel est à un tournant. C'est ce qui ressort du premier congrès RE:HUMAN, organisé par l'agence événementielle Colorclub au Planet Group Arena à Gand. Au cours de ce congrès, des intervenants du secteur de l'événementiel se sont penchés sur une question centrale : quel est l'avenir de l'événementiel à l'ère de l'IA ? De ce débat est née une feuille de route destinée à orienter les organisateurs. "L'avenir appartient aux organisateurs qui donnent du sens et misent sur la connexion humaine", affirme Michiel Vanderheyden de Colorclub.
Les réunions en direct : la solution
Grâce aux nouvelles technologies, le secteur de l'événementiel a fait d'énormes progrès ces dernières années. Par exemple, il est de plus en plus facile de créer du contenu et d'inventer de nouveaux formats. Mais tous les formats ne connaissent pas le même succès. Déjà, certains visiteurs, notamment la jeune génération, décrochent. C'est pourquoi l'agence événementielle Colorclub a réuni le secteur à Gand pour réfléchir à l'avenir des événements. "La technologie n'apporte pas de réponse à tout", déclare Michiel Vanderheyden, directeur commercial de Colorclub. "Plus notre monde devient numérique, plus nous avons besoin de moments où les gens se rencontrent vraiment. C'est là que réside la nouvelle mission de notre secteur."
Du spectacle au sens
La feuille de route RE:HUMAN regroupe désormais cette vision dans un manifeste compact comprenant cinq principes directeurs. "Les événements qui veulent réussir à l'avenir doivent de plus en plus partir des gens et des communautés, respecter l'attention et la paix, faire prévaloir les idées et l'authenticité, fixer des limites claires en termes de budget, de durabilité et de sécurité et, surtout, ne plus être considérés comme des moments séparés", poursuit M. Vanderheyden.
Ce revirement implique des changements pour les organisateurs : du contenu à la connexion, de la surcharge à l'intention, de l'audience à la communauté, du contrôle à l'interaction et de la priorité au numérique à la priorité à l'humain. L'utilisation de l'espace, la lumière et le son deviennent également des éléments stratégiques à prendre en compte. "Ces facteurs contribuent à déterminer comment les gens se comportent, comment les conversations naissent et comment une expérience est vécue. Ce faisant, il devient encore plus important de sortir des sentiers battus : dans de nouveaux formats plus courts ou en intégrant des zones de silence, par exemple."

L'IA comme accélérateur, pas comme remplaçant
La technologie ne s'efface pas à cet égard, bien au contraire. Elle devrait simplement aider les organisateurs à mieux comprendre les participants et à rendre la communication plus personnelle. "Mais la vraie question est de savoir quelle réunion nous rendons possible", affirme Michiel Vanderheyden. C'est précisément la raison pour laquelle RE:HUMAN propose un modèle de mesure différent. Ici, le succès d'un événement ne se mesure plus uniquement au nombre de visiteurs, mais le retour sur l'émotion et le retour sur l'expérience jouent également un rôle. "Les gens reviennent-ils ? Ont-ils noué des contacts ? Se sentent-ils plus proches de l'événement ? Après tout, ce sont ces questions qui comptent".
Pour les entreprises, les organisations et les marques, cette approche revêt également une importance stratégique croissante. En effet, dans un monde où les employés travaillent en mode hybride, où les consommateurs deviennent plus sélectifs et où les communautés se fragmentent, les événements peuvent faire ce que les canaux numériques rendent plus difficile : rassembler les gens. "Les événements resteront donc toujours un levier de connexion", conclut Michiel Vanderheyden.