"NOTRE PROFESSION A CHANGÉ POUR TOUJOURS"
CINQ QUESTIONS POUR Vinciane Morel

Pour ces "Cinq questions pour", nous avons eu une conversation avec Vinciane Morel. Lors des Lobby Awards 2020 Vinciane Morel, le porte-parole francophone de l'Alliance des Fédérations Belges d'Evénéments (maintenant Event Confederation), a reçu un Prix Spécial 'Lobby de l'Année'. Vinciane a parcouru un parcours sans faille en tant que porte-parole francophone de l'Alliance (à côté des ses collègues néerlandophones Bruno Schaubroeck et Stijn Snaet), avec entre autre le déploiement du Covid Event Risk Model et un siège au Conseil consultatif de Celeval 2.0, et enfin la Présidence de la nouvelle Event Confederation. Vinciane Morel est également responsable des services événementiels de l'UE chez VO Communications.
Quels sont les principaux points de travail de l’ Event Confederation pour les mois à venir?
"L’objectif de Event Confederation est de défendre les intérêts, au sens large, des fédérations nationales du secteur événementiel en Belgique. A court terme, l’Event Confederation veut guider le secteur de la meilleure façon possible à travers la crise du Covid. À cette fin, elle veut surtout communiquer. Communiquer avec les membres pour les informer au maximum des possibilités en termes d’aide et de formation. Mais aussi communiquer sur le secteur événementiel – informer, partager et surtout défendre ses points de vue avec les autorités, l'administration, la presse, les leaders d'opinion."
"À long terme, Event Confederation veut jouer son rôle dans le système socio-économique, en jetant un regard moderne sur l'esprit d’entreprise et les compétences dans le secteur événementiel. Les 4 piliers de cette vision long terme consistent en une commission paritaire unique pour le secteur, la création d’une alliance forte entre notre secteur, les autorités et le monde académique, devenir les pionniers de la RSE à travers la durabilité, la diversité, l’égalité et la sécurité et prévention au sein de la ‘vie publique contrôlée’ et finalement la promotion de l’innovation et la technologie qui font partie intégrante de notre secteur."
Quel est, selon vous, le timing réaliste pour le déploiement des événements physiques?
"Nous n’avons, à l’heure actuelle, malheureusement très peu de perspectives. Nous sommes le 1er secteur qui a du fermer ses portes et nous serons probablement de dernier à pouvoir les rouvrir. Nous devons au-delà de cela également tenir compte du facteur retard du secteur. L’organisation d’un événement prend en général 3 à 6 mois, certains même un an. Ce qui veut dire que, contrairement à l’horeca, le jour où nous aurons enfin le droit de recommencer, nous devrons encore attendre des mois avant d’avoir notre 1er événement."
"Nous savons déjà que le printemps et l’été 2021 seront compromis, nous espérons réellement encore sauver l’automne. La triste réalité reste que dans le meilleur des cas, notre secteur aura été à l’arrêt pendant plus de 540 jours."
Quels sont, selon vous, les plus grands défis auxquels le secteur de l'événementiel est confronté actuellement?
"Nous devons dans un premier temps regagner la confiance de nos clients et de notre public. Nous avons énormément travaillé sur nos protocoles ainsi que le Covid Event Risk Model que nous avons créé afin de pouvoir évaluer le caractère Covid safe d’un événement. Nous pouvons nous targuer d’être à la pointe en matière de sécurité et prévention."
"Au niveau humain nous aurons également de gros challenges car certains de nos talents sont partis vers d’autres secteurs, d’autres seront restés en chômage économique pendant plus d’un an avec tous les bouleversements économiques et psychologiques que cela comporte. Nous allons devoir regagner également la confiance de notre personnel, leur donner le temps de reprendre goût à leur passion. Nous sommes un secteur qui ne peut pas fonctionner sans passion."
Le caractère des événements a-t-il changé à jamais?
"Oui certainement. Le digital a connu un boom exceptionnel cette dernière année, nous avons dû nous adapter à ce nouveau métier qu’est l’organisation d’événements digitaux et hybrides. Même si nous reviendrons, nous espérons très rapidement, vers de événements physiques ils ne seront jamais plus comme avant. Notre métier a changé avec le covid."
"Nous devrons également tenir compte d’une attitude différentes des visiteurs, d’un meilleur équilibre entre le digital et le présentiel. Il y a, enfin, également une beaucoup plus grande conscientisation de l’importance de la responsabilité sociale des entreprises qui devra être intégrée dans le conceptualisation de nos événements de demain."
Pourquoi les événements restent-ils importants dans le mix de communication?
"Pour fédérer, créer des liens, faire passer des messages. Il n’y a pas de raison que cet objectif disparaisse avec le COVID 19. Après plus d’un an d’événements virtuels et de communications digitale il sera d’autant plus important de pouvoir se retrouver, vivre des émotions ensemble. Les événements permettent de créer un autre dialogue, une autre expérience. On passe du storytelling au storydoing. Le visiteur devient partie prenante de l’univers qu’on crée autour d’une marque, d’un objectif, d’un message."