La mobilité durable, nouvelle norme de qualité dans le secteur événementiel belge

Nos organisateurs belges optent de plus en plus souvent pour une politique de mobilité à la fois écologique et bien pensée sur le plan opérationnel. En effet, la mobilité est l’un des aspects d’un événement qui a le plus d’impact sur la durabilité. Pendant des années, l'accent a surtout été mis sur la restauration circulaire, la réduction des déchets et l'utilisation de matériaux écologiques pour réduire l'empreinte écologique des événements.
Ce n’est pas un simple détail logistique
Cependant, l’attention se porte désormais de plus en plus sur la mobilité : plus de 60 % desémissions de CO₂des événements résultent des déplacements des visiteurs, des artistes, des intervenants et des fournisseurs. On prend donc de plus en plus conscience que la mobilité n’est pas simplement un détail logistique dans l’organisation d’un événement, mais un élément essentiel pour assurer la pérennité de notre secteur. La mobilité durable fait de plus en plus partie intégrante de la conception d’un événement.
Le train, nouvelle norme
Nos villes comptent parmi les lieux de congrès les plus accessibles d’Europe. Non seulement en raison de leur situation centrale en Europe, mais aussi grâce aux liaisons ferroviaires internationales qui rendent l’avion superflu. Certains organisateurs internationaux en tiennent déjà compte. Ainsi, pour sa « Semaine verte de l’UE », la Commission européenne choisit délibérément Bruxelles comme lieu de congrès et, depuis des années, l’organisation privilégie les déplacements en train tant pour les intervenants que pour le personnel.
Au-delà d’une simple option recommandée, le train s’impose de plus en plus comme une norme qui réduit considérablement l’empreinte écologique des événements. Pour notre secteur belge, c’est assurément un atout, car cela renforce l’attrait international de nos villes en tant que lieux d’événements internationaux.

Les transports en commun, partie intégrante de l’expérience des visiteurs
Mais les événements internationaux ne sont pas les seuls à se tourner vers le train et d’autres formes de transports en commun en matière de mobilité. C’est notamment le cas pour les événements urbains, où la mobilité est de plus en plus intégrée à l’expérience globale des visiteurs. Cela commence par le fait d’encourager les visiteurs à laisser leur voiture chez eux et d’indiquer clairement les arrêts de tram, de bus et de métro les plus proches. Des gares situées à quelques minutes à pied des lieux de congrès, un réseau dense de tramways, de bus et de métros, ainsi qu’un réseau cyclable qui s’étend d’année en année : nos villes répondent à tous les critères pour l’organisation de congrès et d’autres événements durables. Aujourd’hui, les organisateurs choisissent de plus en plus souvent des lieux d’événements dont ils savent qu’ils sont stratégiquement situés à proximité des arrêts de transports en commun.
Mais cela peut aller encore plus loin. On peut par exemple envisager de mettre en service des tramways et des bus supplémentaires pour absorber le flux de visiteurs, ou de faire circuler des trains de nuit spéciaux pour ramener les visiteurs chez eux en toute sécurité à la fin de l’événement. Le Bright Festival Brussels, le festival des lumières de notre capitale qui attire chaque année des milliers de visiteurs, collabore par exemple avec la SNCB et la STIB afin que les visiteurs puissent se rendre à Bruxelles à moindre coût en transports en commun plutôt qu’en voiture. La collaboration avec les sociétés locales de transports en commun ne se déroule malheureusement pas toujours sans heurts et a bien sûr également un impact budgétaire.

Les organisateurs de congrès internationaux choisissent parfois également de ne pas organiser certaines parties de leurs événements, telles que les dîners et les cérémonies, dans un lieu externe, mais dans l’hôtel principal où séjournent la plupart des visiteurs. Cela permet de limiter les déplacements des visiteurs, ce qui est non seulement plus confortable, mais réduit également l’empreinte carbone de l’événement.
L’essor de la mobilité douce
De nos jours, la mobilité douce occupe également une place prépondérante dans l’élaboration d’un plan de mobilité. Le vélo, la marche et les initiatives de partage sont activement encouragés, parfois même présentés comme un choix exclusif.
Pour la plupart de nos festivals, cela va déjà de soi. Rock Werchter, par exemple, dispose non seulement d’un immense parking à vélos surveillé, mais aussi de parkings « Park & Bike » spéciaux, accompagnés d’un plan détaillé des itinéraires cyclables. Pendant les Fêtes de Gand, le centre-ville est en grande partie réservé aux piétons et les visiteurs sont encouragés à se déplacer à pied ou à vélo.
Parkings à vélos, itinéraires pédestres entre les sites, visites guidées durables de la ville et même séances de jogging sont également de plus en plus intégrés au programme des événements. La Conférence bisannuelle sur le travail social prévoit par exemple dans son programme des visites à pied et à vélo le long des initiatives sociales de la ville hôte où l’événement est organisé. La mobilité devient ainsi une composante de l’expérience qui contribue à l’identité de l’événement.

Et qu’en est-il des prestataires ?
Lorsque l’on parle de mobilité lors d’événements, on pense immédiatement aux visiteurs, mais la logistique en amont mérite également toute notre attention. Les déplacements et les transports des fournisseurs constituent en effet également une source importanted’émissions de CO₂. C’est pourquoi on s’efforce de regrouper les flux de transport et de faire appel autant que possible à des partenaires locaux. On peut également demander l’utilisation de véhicules électriques ou hybrides.
En rendant la logistique de nos événements plus durable, nous réduisons non seulement l’impact écologique, mais nous renforçons également l’économie locale. Il s’agit là d’un double bénéfice qui s’inscrit parfaitement dans les ambitions plus larges de notre secteur en matière de développement durable.
La durabilité ne se limite pas à l’écologie
mais comporte également une dimension sociale
Les formats hybrides s’inscrivent dans un plan de mobilité
Les événements hybrides et la participation numérique des visiteurs sont de plus en plus souvent utilisés comme stratégie de mobilité. En effet, davantage de visiteurs en ligne signifie moins de déplacements et donc un impact écologique moindre. En normalisant la participation numérique, la mobilité liée aux voyages internationaux diminue considérablement.
C’est également une situation gagnant-gagnant en matière d’inclusion. Les personnes à mobilité réduite, disposant d’un budget limité ou confrontées à des contraintes de temps peuvent ainsi participer. La durabilité ne se limite pas à l’écologie, elle comporte également une dimension sociale. Les formats hybrides constituent une solution structurelle qui allie durabilité écologique, sociale et économique.

La mobilité comme label de qualité
Plutôt que de considérer la mobilité durable comme un mal nécessaire, il s’agit au contraire d’un label de qualité qui démontre à quel point un événement est innovant, pertinent et tourné vers l’avenir. La mobilité durable est une valeur ajoutée pour les visiteurs, pour les habitants des villes où nous organisons nos événements, pour les villes elles-mêmes et pour le secteur. Et bien sûr pour le climat. Nous montrons ainsi que la mobilité n’est pas seulement un défi écologique, mais aussi une opportunité de placer la barre plus haut et de définir une nouvelle norme.
Source : Event Confederation