Préparez vos camionnettes pour le transport réglementé d'événements

Dans le secteur belge de l'événementiel, il est impossible d'imaginer la vie sans elles : les camionnettes blanches remplies de matériel d'éclairage et de sonorisation, de décors ou de fournitures de restauration qui traversent la frontière pour se rendre à Paris, Amsterdam ou Berlin. Mais quiconque franchira la frontière avec une camionnette après le 1er juillet 2026 sera confronté à un changement radical. Lepaquet européen sur la mobilité met le secteur sur la sellette.
Qu'est-ce qui va changer exactement ?
Les nouvelles règles européennes rendront le transport international d'événements plus complexe. Les nouvelles réglementations renforcent la distinction entre les poids lourds et les camionnettes plus légères. Alors que les périodes de conduite et de repos obligatoires ne s'appliquaient qu'aux véhicules de plus de 3 500 kg, cette limite sera bientôt abaissée à 2 500 kg pour le transport international.
À partir du 1er juillet 2026, la législation relative au transport transfrontalier changera :
- Les camionnettes et les ensembles (voiture + remorque) dont la masse maximale autorisée (MMA) est comprise entre 2 500 kg et 3 500 kg tomberont sous le coup des nouvelles règles.
- Ces véhicules doivent être équipés d'un tachygraphe intelligent de deuxième génération (Smart Tacho 2) qui enregistre automatiquement les passages de frontières et les activités de chargement/déchargement.
- La règle s'applique au transport professionnel international pour le compte d'autrui qui franchit les frontières nationales.

Pourquoi l'Europe introduit-elle cette règle ?
Avec cette extension du paquet Mobilité (règlement UE 2020/1054), l'Union européenne veut mettre fin à la prolifération dans le segment du transport léger. Elle s'appuie sur trois piliers :
- Concurrence loyale: éviter que les camionnettes ne prennent impunément le travail des transports plus lourds soumis à des règles strictes.
- Sécurité routière: réduire les accidents causés par des conducteurs trop fatigués qui travaillent de trop longues heures au volant.
- Conditions de travail: Meilleure protection des conducteurs grâce à l'application légale des périodes de repos.

L'impact sur la production de votre événement
Pour de nombreuses entreprises belges du secteur de l'événementiel, cela représente une charge administrative et financière supplémentaire. Non seulement la flotte doit être équipée de tachygraphes, mais la planification de tournées ou de productions internationales devient également plus complexe. Un technicien qui ramène brièvement le bus en Belgique après une longue période de préparation peut plus rapidement entrer en conflit avec les périodes de repos obligatoires.
Il existe toutefois une importante exemption sur le site pour les véhicules de moins de 7 500 kg utilisés pour transporter du matériel, des équipements ou des machines dont le conducteur a besoin pour son propre travail (par exemple, un technicien du son transportant sa propre table de mixage). Les conditions d'octroi de cette exonération sont toutefois strictes :
- La conduite ne doit pas être l'activité principale du conducteur.
- Le trajet doit avoir lieu dans un rayon de 100 km autour des locaux de l'entreprise.
Pour les missions internationales, qui impliquent le transport de matériel, les conducteurs deviennent des "chauffeurs routiers" aux yeux de la loi. Ils doivent demander une carte de conducteur et respecter des règles strictes. La lecture des cartes de conducteur nécessite la mise en place d'un système de paie et d'archivage des données adéquat. Il est donc recommandé de prendre des mesures dès maintenant, d'équiper les camionnettes existantes de tachygraphes et de mettre les horaires à la lumière.
Source : Confédération des événements